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Tags: Enfant  

Un enfant calme, poli, discret, qui ne fait presque jamais de crises peut sembler particulièrement facile à vivre. À l’école comme à la maison, il respecte les règles, ne dérange pas et demande rarement de l’aide. Pourtant, un enfant très sage n’est pas toujours un enfant qui va parfaitement bien. Le calme fait évidemment partie du tempérament de certains enfants. Mais lorsqu’un enfant semble constamment retenir ses émotions, éviter tout conflit ou chercher à ne jamais déranger, son silence peut parfois cacher autre chose.

Être calme n’est pas forcément inquiétant

Tous les enfants n’expriment pas leurs émotions de la même manière. Certains sont naturellement réservés, observateurs ou peu démonstratifs. Ils peuvent aimer jouer seuls, parler peu dans les groupes et avoir besoin de temps avant de se sentir à l’aise.

Il serait donc faux de considérer systématiquement la discrétion comme un signe de mal-être.

Ce qui mérite davantage d’attention, c’est surtout un changement de comportement ou une attitude extrêmement contrôlée : un enfant qui n’ose jamais dire non, qui cache systématiquement sa colère ou qui cherche constamment à satisfaire les adultes.

Il peut avoir appris à ne pas déranger

Certains enfants comprennent très tôt qu’être calme permet d’éviter les tensions ou d’obtenir l’approbation des adultes.

Ils peuvent alors devenir extrêmement attentifs aux attentes de leur entourage : ne pas faire de bruit, ne pas se plaindre, ne pas demander trop de choses et faire tout leur possible pour être « parfaits ».

Cette attitude peut parfois apparaître chez des enfants particulièrement sensibles au regard des autres ou qui craignent de décevoir.

Le problème n’est pas d’être sage en soi. Il apparaît lorsque l’enfant commence à croire que certaines émotions, comme la colère, la frustration ou la tristesse, ne doivent pas être montrées.

Le silence peut aussi cacher des émotions

Un enfant ne possède pas toujours les mots nécessaires pour expliquer ce qu’il ressent. Au lieu de dire « je suis inquiet », « je suis triste » ou « quelque chose me dérange », il peut simplement devenir plus silencieux.

D’autres signes peuvent alors accompagner ce retrait : difficultés à dormir, maux de ventre répétés, irritabilité à la maison, perte d’intérêt pour certaines activités ou inquiétudes fréquentes.

Pris isolément, ces comportements ne permettent pas de conclure à un problème psychologique. C’est surtout leur intensité, leur durée et leur évolution qui comptent.

Certains enfants se libèrent uniquement à la maison

Il arrive également qu’un enfant soit décrit comme exemplaire à l’école, puis qu’il devienne beaucoup plus agité ou émotif une fois rentré chez lui. Cela ne signifie pas nécessairement qu’il « joue un rôle ».

Maintenir son attention, respecter de nombreuses règles et contrôler ses réactions pendant plusieurs heures peut demander beaucoup d’efforts. Lorsqu’il retrouve un environnement dans lequel il se sent en sécurité, la tension accumulée peut simplement retomber.

Les parents peuvent alors avoir l’impression de découvrir un enfant très différent de celui décrit par les enseignants.

Comment aider un enfant qui garde tout pour lui ?

L’objectif n’est pas de pousser constamment l’enfant à parler, mais de lui montrer qu’il a le droit d’exprimer toute la gamme de ses émotions.

Au lieu de demander uniquement « Ça va ? », on peut poser des questions plus concrètes : « Quel a été le moment le plus difficile aujourd’hui ? », « Est-ce que quelque chose t’a énervé ? » ou « Y a-t-il quelque chose que tu aurais aimé dire mais que tu n’as pas osé dire ? »

Il est aussi important de lui montrer qu’il peut être contrarié, en colère ou en désaccord sans que cela remette en cause l’affection que les adultes lui portent.

Quand faut-il être plus attentif ?

Un enfant silencieux n’a pas forcément besoin d’une aide particulière. En revanche, un changement durable et inhabituel mérite d’être observé.

Si le retrait s’accompagne d’une forte anxiété, d’un refus scolaire, de troubles persistants du sommeil, d’un isolement marqué ou d’une souffrance qui perturbe sa vie quotidienne, il peut être utile d’en parler avec un pédiatre ou un professionnel de l’enfance.

Car derrière « l’enfant trop sage », il n’y a pas forcément un problème caché. Mais parfois, il y a simplement un enfant qui a besoin de comprendre qu’il peut parler, protester, être triste ou demander de l’aide sans perdre l’affection des adultes qui l’entourent.

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