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Tags: Santé  

On lit parfois que “les pâtes augmentent le risque de démence de 89%”. En réalité, la recherche ne dit pas que les pâtes, à elles seules, provoquent la démence. Le chiffre souvent cité vient d’études qui observent des associations entre certains profils alimentaires (ex. très riches en glucides, pauvres en protéines et en bons gras) et un risque plus élevé de troubles cognitifs chez des personnes âgées — ce qui ne prouve pas une relation de cause à effet.

D’où vient le fameux “89%” ?

Une étude (chez des personnes âgées) a observé qu’une alimentation où la part de calories venant des glucides est élevée, comparée à une part plus basse, pouvait être associée à un risque plus important de trouble cognitif léger ou de démence.
Mais cette étude ne “condamne” pas un aliment isolé : elle parle d’un équilibre global (qualité des aliments, fibres, habitudes de vie, santé métabolique…).

Le vrai sujet : glycémie, résistance à l’insuline et santé du cerveau

Ce que la science soutient plus solidement, c’est que des problèmes métaboliques (notamment le diabète) sont associés à un risque plus élevé de démence. Une méta-analyse récente rapporte une augmentation du risque de démence chez les personnes diabétiques (association).
Autrement dit, le problème n’est pas “les pâtes” en soi, mais plutôt une alimentation qui favorise trop souvent des pics glycémiques, surtout si elle est pauvre en fibres et riche en produits ultra-transformés.

Et le gluten dans tout ça ?

L’article original laisse entendre que le gluten serait un facteur de déclin cognitif chez tout le monde. C’est trompeur.
Oui, chez les personnes ayant une maladie cœliaque (ou une sensibilité diagnostiquée), le gluten peut poser problème. Mais chez les personnes sans cœliaquie, une grande étude n’a pas trouvé d’association entre l’apport en gluten et les performances cognitives.

Donc, faut-il arrêter les pâtes ?

Non. Les pâtes peuvent parfaitement s’intégrer à une alimentation favorable au cerveau, surtout si on joue sur la qualité et le contexte du repas :

  • privilégier pâtes complètes ou semi-complètes,
  • ajouter légumes + protéines (œufs, poisson, légumineuses) + bons gras (huile d’olive, noix),
  • éviter les repas très riches en sucre/ultra-transformés au quotidien.

Le modèle alimentaire le plus cohérent avec la prévention

Les données s’accumulent en faveur des modèles type régime méditerranéen, associés à un risque plus faible de démence (association).
Et l’activité physique reste un pilier important pour la santé cardiovasculaire… donc aussi cérébrale.

Rappel important : si vous avez des symptômes (troubles de mémoire, confusion, etc.) ou un diabète mal équilibré, le mieux est d’en parler à un professionnel de santé.

Sources :

  • Étude à l’origine du chiffre souvent “dramatisé” (association, pas preuve de causalité) : Roberts RO et al., Relative intake of macronutrients impacts risk of mild cognitive impairment or dementia in elderly persons (2012).
  • Gluten et cognition chez des personnes sans maladie cœliaque : Wang Y et al., Gluten and Cognitive Function Among US Women (JAMA Network Open, 2021).
  • Diabète et risque de démence (synthèse / méta-analyse) : Cao F et al., The relationship between diabetes and the dementia risk (2024).
  • Régime méditerranéen et risque de démence (méta-analyse) : Nucci D et al., Association between Mediterranean diet and dementia… (2024).
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